SUJET TABOU

Publié le 22 mars 2026 à 14:29

LE TABOU DE L' INCESTE

universellement interdit et indicible (dire, c'est risque l'éclatement familial, l'exclusion, l' effondrement des figures d'autorité). menace sociale au coeur du lien. 

Depuis Claude Lévi-Strauss, l’interdit de l’inceste est considéré comme : quasi universel, mais défini différemment selon les cultures. Fonction anthropologique : empêcher la confusion des rôles, structurer la parenté, permettre l’échange social, fonder la culture sur la séparation. L’interdit n’est pas moral au départ, il est structurant. Le silence est entretenu par : la honte, la culpabilité inversée, la loyauté familiale, la peur de détruire le groupe.

Entre 5 et 10 % de la population aurait subi une forme d’inceste ou d’abus sexuel intrafamilial avant 18 ans.  Dans plus de 80 % des cas, l’agresseur est une personne connue et proche, souvent un membre de la famille nucléaire ou élargie. Ces chiffres sont considérés comme sous-estimés en raison du silence, de l’amnésie traumatique et de la honte.

Conséquences fréquemment observées : Trouble de stress post-traumatique complexe (TSPT-C), Dissociation, Troubles de l’attachement, Dépression, anxiété, conduites addictives, Troubles sexuels (hypersexualité, anesthésie, confusion désir/peur), Altération profonde de l’image de soi et du rapport au corps

Un tabou est une interdiction sociale ou culturelle, souvent implicite, qui empêche certaines actions, paroles, pensées ou comportements dans un groupe ou une société. Il est lié à des peurs, croyances ou valeurs profondes, et sa transgression entraîne souvent culpabilité, honte ou sanction sociale. interdiction implicite, psychiquement et socialement puissante, qui structure les comportements et les non-dits (blocage émotionnel). Le tabou crée du non-dit : ce qui ne peut pas être exprimé devient silencieux mais actif psychiquement. Le tabou peut être social ou culturel (C’est la société ou le groupe qui définit ce qui est « interdit »). Il a une implication émotionnelle (sentiment d'interdit puissant même si la raison ne suit pas). Le tabou peut être inconscient ou implicite (pression de la norme sans tabou précis). Il a une fonction protectrice ou organisatrice (Maintient un ordre social, protège le groupe, évite les conflits ou dangers symboliques). exemple : interdiction alimentaire religieuse (porc, boeuf, sang...), inceste (relation sexuelle entre membres de la famille), mort (parler de mort, toucher les morts...), profaner les symboles sacrés, traumas transgénérationnel (évènements non dit, non nommé, non racontés, non symbolisé dans une famille). 

Qu'est ce que l' Inceste ? (définition et formes)

L’inceste désigne des relations ou des actes sexuels entre personnes ayant un lien familial proche, ou dans une relation assimilée à une relation familiale (autorité, éducation, dépendance). Les formes peuvent varier selon le contexte, mais elles sont toutes graves et interdites. Le critère central est la dépendance et le pouvoir, pas uniquement la biologie. L’inceste ne se limite pas au lien biologique Il inclut aussi les relations où il existe une emprise, une autorité ou une dépendance. Toutes ces situations posent des problèmes graves de consentement et de protection. Dans beaucoup de systèmes juridiques, et notamment en France, ces situations sont considérées comme des violences sexuelles aggravées, surtout lorsqu’elles impliquent : un mineur - une relation d’autorité - un manque de consentement réel. L’inceste, dans toutes ses formes, implique une transgression des limites et souvent une relation d’emprise

  • Entre ascendants et descendants (parent:enfant, grands parents/petits enfants) impliquant une relation d'autorité
  • Entre frères et soeurs (relations sexuelles entres enfants ou adultes de la même fratrie) même sans lien d'autorité directe
  • Elargi (collatéraux proches) : Oncles / tantes avec neveux / nièces - Cousins proches (selon les contextes culturels ou légaux)
  • "par lien d'autorité ou d'éducation" : beau-parent / enfant - tuteur / personne mineure - adulte ayant une position de responsabilité ou d’autorité sur un mineur
  • INCESTE BLANC -  il n’y a pas forcément de contact sexuel direct, mais une confusion des rôles ou une atteinte à l’intimité. Exemples typiques : comportements intrusifs dans l’intimité (nudité imposée, absence de respect des limites) - paroles ou attitudes à connotation sexuelle inadaptées - relation parent/enfant où les frontières sont floues (émotionnelles ou affectives) - climat de “séduction” ou de manipulation sans acte sexuel explicite = atteinte psychologique et symbolique, qui peut déjà être très perturbante.
  • INCESTE NOIR :  il y a des actes sexuels imposés (attouchements, agressions, viol). Caractéristiques : passage à l’acte sexuel - contrainte, menace ou manipulation - absence de consentement réel - violences sexuelles explicites - relevant clairement du pénal.

L'INCESTOMETRE

Outil pédagogique crée pour sensibiliser aux violences sexuelles, en particulier celles commises au sein de la famille (l'inceste).

Echelle visuelle de comportements ambiguës ou inappropriés aux actes illégaux et criminels (agression sexuelle, viol). Objectif : aider à reconnaitre des situations de violences minimisées ou banalisées, donner des repères pour comprendre les actes interdits, même dans le cadre familial, encourager la parole des victimes et la prise de conscience. Même des comportements présentés comme « affectueux » peuvent être problématiques s’ils : mettent mal à l’aise, ne respectent pas le consentement, impliquent une relation d’autorité (parent, adulte, etc.). Un enfant ne peut jamais consentir à une relation sexuelle avec un adulte Dans tous les cas, la responsabilité est celle de l’adulte - La loi protège les mineurs, y compris dans la famille

  • Zone de vigilance : comportements inappropriés (attitudes banalisées qui ne respectent pas l'intimité de l'enfant)  : Faire des remarques sexuelles ou gênantes sur le corps, Imposer des gestes d’affection (embrasser, caresser, câliner) sans accord, Ne pas respecter l’intimité (entrer sans prévenir dans la salle de bain ou la chambre), Poser des questions intrusives sur le corps ou la sexualité, Regarder de manière insistante ou déplacée
  • Zone de danger : atteintes sexuelles (actes interdits par la loi) : Toucher des parties intimes (poitrine, fesses, sexe), Montrer des images ou vidéos sexuelles, Demander à l’enfant de se déshabiller ou de poser de façon sexuelle, Se montrer nu volontairement devant un enfant, Avoir des gestes sexuels en présence de l’enfant
  • Zone criminelle : violences sexuelles graves (crimes punis sévèrement) : Attouchements sexuels imposés, Viol ou tentative de viol, Toute relation sexuelle entre un adulte et un mineur de la famille, Toute contrainte, menace ou manipulation pour obtenir un acte sexuel

Qu'est ce que la Perversion ? (caractéristiques, facteurs, mécanismes cérébraux)

La perversion est un terme qui peut avoir plusieurs sens selon le contexte (courant, moral ou psychologique). Détourner quelque chose de son usage ou de sa norme (transformer une idée, une règle, un comportement en quelque chose de nuisible ou déviant). déviation, détournement, nuire à soi ou à autrui; troubles du comportements, violences sexuelles, difficultés relationnelles spécifiques avec un critère central : le respect du consentement et de l’intégrité des autres.

fonctionnements psychiques ou comportements : chercher du plaisir hors des normes sociales, ignorer ou contourner le consentement ou les règles, utiliser l'autre comme un objet (perversion narcissique). absence de consentement, manipulation, contrainte, souffrance imposée, non respect du consentement, de l'intégrité.

  • manque d’empathie, c’est la difficulté (ou l’incapacité) à : comprendre ce que ressent une autre personne - se mettre à sa place - réagir de manière adaptée à ses émotions -  Exemple : quelqu’un souffre, et la personne ne le remarque pas ou s’en moque.
  • manque de conscience d'autrui : ne pas vraiment considérer les autres comme des personnes à part entièrene pas respecter leurs limites - ne pas tenir compte de leurs besoins ou de leur consentement - les voir comme des “objets” ou des moyens
  • la perte du bon sens émotionnel :  difficulté à reconnaître ses propres émotions - confusion entre plaisir, pouvoir, affection, etc. - réactions émotionnelles inadaptées (trop fortes, trop faibles, ou déplacées) = rapport aux émotions déséquilibré.
  • perte du bon gout moral : difficulté à distinguer ce qui est bien ou mal dans les relations - banalisation de comportements inappropriés ou nuisibles - manque de repères éthiques (respect, dignité, consentement) 

Ensemble de facteurs qui influence la construction d'une personne et sa relation aux autres. Attention : Aucun de ces facteurs ne suffit à lui seul à “créer” une perversion. avoir vécu des difficultés ou des traumatismes ne rend pas une personne dangereuse -  la responsabilité des actes reste toujours individuelle

  • enfance (manque de repères claires, limite, interdit, respect de l'autre, éducation incohérente, alternative permissivité et autorité excessive, absence de sécurité intérieure, manque d'attention, négligence = ne pas intégrer correctement ce qui est acceptable ou non)
  • expériences traumatiques (violences physiques, psychologiques, sexuelles, exposition précoce à des contenus sexuels inadaptés, Humiliation ou domination répétée)
  • facteurs psychologiques (Difficultés à reconnaître les émotions des autres, manque d’empathie, Besoin de contrôle, de domination ou de toute-puissance
  • Problèmes dans la construction de l’identité ou du rapport au désir
  • facteurs biologiques et personnalités : Tempérament (impulsivité, recherche de sensations fortes) - Fonctionnement du cerveau lié à la régulation des impulsions - Traits de personnalité particuliers (sans que cela détermine tout)
  • environnement et contexte social (Banalisation de comportements violents ou sexuels - Manque de sanctions ou de cadre - Influence de certains milieux ou contenus)

Avez vous déjà perdu la boussole ? image métaphorique. ne plus savoir quoi faire, être désorienté, perdre ses repères (émotionnels, moraux ou relationnels). ne plus bien ressentir ce qui est bon ou mauvais pour toi, avoir du mal à prendre des décisions, ne plus se fier à ses ressentis internes. exemple :  ne plus sentir le danger, faire des choix incohérents, rester dans des situations nocives sans réagir parce que le ressenti qui guide normalement est brouillé

THEORIE DE DAMASIO : les émotions sont indispensables pour penser et décider correctement - Contrairement à l’idée “raison vs émotions”, il montre que : sans émotions, on devient incapable de prendre de bonnes décisions - le cerveau a besoin du ressenti du corps pour guider les choix. cf L’Erreur de Descartes. Les émotions ne s’opposent pas à la raison → elles la complètent - Le “cerveau des émotions” = plusieurs zones qui relient corps et esprit - La “boussole émotionnelle” = les sensations qui guident tes choix - Si cette “boussole” est perturbée (trauma, stress, etc.) : on peut faire des choix moins adaptés ou mal interpréter ses émotions

  • LE CERVEAU DES EMOTIONS - réseau de région : Amygdale (détecte peur et danger) - Cortex insulaire (ressent l’état du corps) - cortex préfrontal (aide à décider et contrôler) - Ensemble, ils relient : le corps (sensations) - les émotions - la pensée
  • LA BOUSSOLE EMOTIONNELLE : les émotions nous guident dans nos décisions (“marqueurs somatiques” : signaux corporels agréables ou désagréables, basés sur nos expériences passées, qui influencent nos choix sans qu'on s'en rende compte. exemple : sentiment de malaise ou de confiance quand tu rencontres quelqu'un. ces signaux t'aident à trancher, prendre une décision, plus juste et plus rapidemment.

Le cortex insulaire (ou insula) est une région du cerveau impliquée dans les émotions, les sensations du corps et la conscience de soi. Le cortex insulaire est caché profondément dans le cerveau, à l’intérieur du sillon latéral, entre les lobes frontal, temporal et pariétal. On ne le voit pas en surface : il est “replié” à l’intérieur. pont entre le corps (sensations physiques), les émotions, et la conscience de soi et des autres. des anomalies dans cette zone, peuvent être lié à des difficultés émotionnelles, des troubles de l'empathie, certains troubles psychologiques.  fonction du cortex insulaire

  • ressentir les sensations du corps (douleur, température, battements du cœur, faim, dégoût)  Il aide à percevoir ce qui se passe à l’intérieur du corps
  • gérer les émotions : relie les sensations physiques aux émotions sociales (dégout, peur, empathie)
  • comprendre les autres : l'empathie, ressentir ce que l’autre pourrait ressentir, réagir émotionnellement à la souffrance d’autrui
  • conscience de soi : se sentir exister,  percevoir son état intérieur, prendre conscience de ses émotions 

LE DUO INSULA ET AMYGDALE

  • le cortex insulaire : Ressent ce qui se passe dans ton corps, Transforme ces sensations en émotions conscientes, Participe à l’empathie
  • l'amygdale : Détecte les dangers - Déclenche des réactions rapides (peur, stress) - Fonctionne un peu comme une alarme
  • exemple : voir un blessé - amygdale (attention danger), cortex insulaire (malaise, tension, voir de la douleur par empathie, vouloir aider le souffrant)
  • fonctionnement défaillant : difficulté à ressentir les émotions (insula atrophié), difficulté à percevoir le danger (amygdale atrophié) = réaction inadapté

L'INCESTE & LA PERVERSION

Les comportements incestueux favorisent la formation de "monstre" (la racine du mal ?). Les différentes formes d'incestes ont des conséquences graves sur nos sociétés (formation de "monstres" = développement de la "perversion", manque d'empathie et de conscience d'autrui, soit la perte du bon sens émotionnel et du bon gout moral, lié à l'impact du dégout et de l'humiliation des abus sexuels sur le cortex insulaire, cf. DAMASIO, Antonio. L'erreur de Descartes. concept : cerveau des émotion, boussole émotionnelle. Exemple : Affaire Menendez, Darmen, Engin (sur netflix), Mazan Pélicot, Hitler (inceste noir), Mao Taoutzetong (inceste blanc, mariage forcé)

LES LOIS SUR L'INCESTE

DANS LA LOI FRANCAISE

  • France - Il n’existe pas en droit français de crime d’inceste spécifiquement défini entre adultes consentants. Ce qui est pénalement poursuivi ce sont les abus sexuels sur mineurs avec aggravation quand l’auteur a autorité (parent, tuteur, etc.). Quand l’acte implique un mineur, il peut être puni bien plus sévèrement, jusqu’à 20 ans de réclusion criminelle selon les cas (viol avec circonstance aggravante).

L’INCESTE est une aggravation d’infractions sexuelles (viols ou agressions sexuelles) quand elles sont commises sur un mineur et que l’auteur appartient à un lien familial particulier, ou a une autorité sur la victime. Les personnes concernées sont : un ascendant (père, mère, grand‑parent, etc.), un frère, une sœur, un oncle, une tante, un neveu ou une nièce, le conjoint ou concubin d’une des personnes précédentes (ou partenaire lié par PACS), s’il a sur la victime une autorité de droit ou de fait.

du latin incestus (- in, non ; - castus, pur chaste), impur, contraire aux lois du mariage, interdit par la chasteté ou la loi. rapport sexuel ou mariage entre membres d’une même famille dont la loi ou les mœurs interdisent l’union, relation sexuelle entre proches ascendants et descendants (parents/enfants, grands-parents/petits-enfants), frères et sœurs, oncles/tantes et neveux/nièces. rapports sexuels interdits par le lien de parenté ou la morale.

La loi de 2021 (loi n°2021‑478 du 21 avril 2021) renforce la protection : elle introduit des infractions spécifiques de « viol incestueux » ou d’« agression sexuelle incestueuse » sur mineur de moins de 18 ans. Le consentement du mineur n’a plus à être prouvé dans ces cas : c’est automatique que de tels actes sont illicites quand il s’agit d’un mineur dans le contexte d’inceste.

Les viols incestueux sont qualifiés de crime. la peine maximale pour un viol incestueux sur un mineur est de 20 ans de réclusion criminelle. Si l’auteur exerce une autorité parentale, la juridiction peut décider du retrait total ou partiel de cette autorité. Inscription automatique dans le fichier judiciaire des auteurs d’infractions sexuelles ou violentes lorsqu’il s’agit d’agressions/incestes sur mineurs. Peine d’interdiction d’exercer des activités professionnelles ou bénévoles au contact d’enfants.

DANS LE MONDE

  • Allemagne, Autriche, Suisse - Interdit, puni par des peines de prison. Par exemple en Allemagne jusqu’à 3 ans en prison pour relations incestueuses entre proches parents.
  • Norvège, Pologne, Hongrie, Bulgarie, Chypre, etc. La plupart de ces États interdisent explicitement les relations sexuelles entre ascendants et descendants ou entre frères et sœurs, avec des sanctions pénales.
  • Espagne, Pays‐Bas, Portugal, Belgique, Luxembourg, France, Russie, Ukraine, Estonie, Lettonie, Lituanie - Dans ces pays, il n’existe généralement pas de répression pénale pour des relations incestueuses consenties entre adultes. Elles ne sont pas criminalisées, même si souvent le mariage ou la reconnaissance juridique entre proches parents est interdit.
  • Italie - Il n’y a pas de prohibition générale, mais des sanctions si l’inceste provoque un « scandale public » — c’est une notion juridique qui dépend du contexte et est punissable par prison.
  • Afrique, Moyen-Orient, Asie - Certains pays comme Brunei, Iran, Arabie Saoudite, Émirats arabes unis, Nigeria, Somali et Soudan Dans certains cas l’inceste (ou certains types de relations familiales sexuelles) peut être puni de peines très sévères, pouvant aller jusqu’à la peine capitale selon les normes locales (souvent liées au droit religieux).

Pays où le droit ne criminalise pas spécifiquement l’inceste

  • Dans plusieurs pays d’Afrique ou d’Asie, il n’existe pas de loi pénale spécifique pour des relations incestueuses entre adultes consentants, mais la loi protège contre l’abus des mineurs ou d’autres formes d’exploitation sexuelle.
  • Amériques - États-Unis - Dans la plupart des États américains, l’inceste est une infraction pénale distincte. Cependant, les définitions précises et les éléments constitutifs varient fortement d’un État à l’autre. Certaines exceptions très spécifiques existent selon les juridictions, mais globalement l’inceste est interdit.
  • Autres pays d’Amérique latine - Dans plusieurs pays comme le Brésil ou l’Argentine, des relations incestueuses consensuelles entre adultes ne sont pas toujours explicitement criminalisées. Cela dépend du contexte juridique plus large et souvent il existe des restrictions civiles comme l’interdiction de mariage ou de reconnaissance.
  • Asie - Japon, Inde, Turquie, Thaïlande, Corée du Sud, etc. Dans de nombreux pays asiatiques, il n’existe pas de loi pénale interdisant explicitement les relations sexuelles incestueuses entre adultes consentants. Souvent d’autres normes sociales ou civiles empêchent le mariage ou l’enregistrement de ces unions.

LES REFERENCES SUR L'INCESTE

DANS LA MYTHOLOGIE

DES COUPLES DIVINS de Dieux & Déesses

Couples divins de frères et sœurs dans la mythologie grecque et égyptienne. S’unir pour maintenir la pureté de la lignée divine et royale. Légitimité divine et querelle conjugale, symbole de sang royal. les premières générations divines s’unissent entre elles pour engendrer le monde (cosmogonie) et garantir la pureté du pouvoir (civilisation royale et sacrée). Mais aussi transgressive, tragique, et symbole de démesure et de malédiction. Tabou, transgression, métaphore des désirs et interdits fondamentaux.

LES LIGNEES BIBLIQUES

  • Lot et ses filles (Genèse 19, 30-38) : après la destruction de Sodome, les filles de Lot couchent avec leur père pour assurer une descendance.
  • Abraham et Sara : demi-frère et demi-sœur selon certains passages bibliques (Genèse 20, 12).
  • Les Incas : Manco Cápac et Mama Ocllo, enfants du Soleil, frère et sœur, fondent Cuzco et la lignée impériale inca

LES LIGNEES MORTELLES

  • (Complexe d’ ) Œdipe et Jocaste (fils et mère) : Œdipe tue son père sans le savoir et épouse sa mère Jocaste.
  • Myrrha et Cinyras (fille et père) : Myrrha, par ruse d’Aphrodite, couche avec son père Cinyras. Découverte, elle est transformée en arbre à myrrhe, d’où naît Adonis.
  • Macarée et Canacé (chez Hésiode et Hygin) : frère et sœur tombent amoureux, ce qui conduit à leur perte tragique.

LES LIGNEES GRECQUES

  • Gaïa (la Terre) et Ouranos (le Ciel) engendrent : Titans, Géants et Cyclopes.
  • Cronos et Rhéa : frère et soeur Titans,
  • Zeus et Héra : frère et soeur reine des dieux

LES LIGNEES EGYPTIENNES

  • Osiris et Isis (frère et sœur) : enfants de Geb et Nout. Union sacrée et fondatrice, symbolise de cohésion et renaissance.
  • Seth et Nephtys (frère-sœur), souvent en contraste avec Osiris et Isis.

LES LIGNES MESOPOTAMIENNES (Babylone)

  • Anu, Enlil et Inanna (parents et enfants, frères et sœurs) pour préserver la puissance divine.

LES LIGNEES NORDIQUES

  • Njörd et sa sœur (anonyme) : parents des jumeaux Freyr et Freyja.

DANS LA LITTERATURE

  • l’amour interdit d’une belle-mère (Phèdre) pour son beau-fils (Hippolyte). bien que non incestueux au sens biologique, au plan symbolique : l’ amour maudit, fatal, impossible et destructeur (Jean Racine, Phèdre, 1677)
  • un jeune homme et sa mère. expérience mystique du sacrilège : l’exploration du mal, de la honte et du plaisir, poussée jusqu’à la destruction des repères moraux. (Georges Bataille, Ma mère, 1966)
  • rapport trouble entre deux sœurs Claire et Solange. inceste symbolique, fusion psychique et fantasmatique, là où le désir et la haine se confondent. (Jean Genet, Les Bonnes, 1947)
  • entre désir, mémoire et interdit, à travers des liens familiaux ou quasi familiaux qui frôlent l’inceste symbolique. Marguerite Duras — L’Amant (1984),
  • réécriture du mythe grec d’Œdipe. interroger la fatalité, la culpabilité et la morale, et attaquer l’obscurantisme religieux. Voltaire — Œdipe (1718)
  • Une semaine de vacances (2012) relation incestueuse entre la narratrice et son père. à la première personne, mêlant autofiction et écriture du trauma. (Christine Angot, L’Inceste, 1999),
  • exploration du désir féminin et des frontières de l’interdit, parfois teintées d’ambiguïtés familiales. Camille Laurens, Dans ces bras-là, 2000)
  • récit d’un inceste entre un père et sa fille, vu sous un angle poétique et introspectif. (Régine Detambel, La Splendeur, 2014)

CONCLUSION - SYNTHESE DES APPROCHES

Approche biologique et évolutionniste - Charles Darwin

  • nature et fonction : (risque génétique - préservation de la santé de l’espèce)
  • L’inceste est un tabou social et une contrainte naturelle, dangereux biologiquement et évité instinctivement. La consanguinité augmente les risques de malformations et de maladies génétiques. Les espèces animales, y compris humaines, tendent à éviter naturellement les accouplements entre proches parents.

Approche Anthropologique et structurale - Claude Lévi-Strauss, Françoise Héritier, Bronislaw Malinowski

  • nature : Interdit culturel - fonction : Fonder la société et les alliances
  • L’inceste crée des alliances, des échanges, et fonde la culture humaine. L’interdit de l’inceste n’est pas d’abord biologique, mais culturel et social. Il marque la frontière entre nature et culture, entre le biologique et le symbolique. L’inceste empêche l’échange entre groupes. la domination masculine se construit par le contrôle de la reproduction et des alliances féminines. L’interdit de l’inceste est lié à la hiérarchie homme/femme. (Françoise Héritier L’Exercice de la parenté, 1981, Gallimard) L’inceste n’est pas seulement biologique, mais symbolique : il régule la circulation du féminin dans les sociétés. (Françoise Héritier, Les Deux Sœurs et leur mère, 1994, Odile Jacob)la perception de l’inceste varie selon les structures familiales; l’Œdipe n’est pas universel. (Bronislaw Malinowski, La vie sexuelle des sauvages du nord-ouest de la Mélanésie, 1929)

Approche psychanalytique - Sigmund Freud, Carl Jung, Jacques Lacan

  • nature : Désir inconscient - fonction : Fonder la loi et le sujet
  • L’inceste est ’un désir fondateur : refoulé, il devient le socle de la loi et de l’inconscient. L’inceste n’est pas seulement un acte ou un interdit social : c’est une structure psychique fondamentale. L’enfant désire inconsciemment le parent du sexe opposé (complexe d’Œdipe). l’interdit de l’inceste structure la morale et la culture (Freud, Totem et Tabou). L’inceste symbolise le désir de retour à la mère, à la totalité originelle. Il est une image archétypale du psychisme collectif. (Jung) L’interdit de l’inceste vient du Nom-du-Père (la Loi symbolique). C’est ce qui sépare l’enfant de la mère et rend possible le langage, le désir et le sujet. (Lacan). L’inceste, d’abord désiré (Œdipe), est refoulé et remplacé par le tabou qui fonde la culture et la loi. (Sigmund Freud, Totem et Tabou, 1913, Payot) ; le désir incestueux est une composante universelle du psychisme humain. (Sigmund Freud, Trois essais sur la théorie sexuelle, 1905, Gallimard) ; L’interdit de l’inceste vient du Nom-du-Père, figure symbolique de la Loi qui fonde le langage et le sujet. (Jacques Lacan, Le Séminaire, Livre IV : La relation d’objet (1956–57, Seuil, 1994) ; L’inceste comme symbole du retour à la mère, archétype du désir de réintégration du Tout. (Carl Gustav Jung, Métamorphoses et symboles de la libido, 1912, Georg / Albin Michel)

Approche juridique et sociologique - Émile Durkheim, Pierre Legendre, Irène Théry

  • nature : Règle sociale - fonction : Organiser la filiation et la transmission
  • L’inceste est interdit pour organiser la filiation et la transmission. C’est le cœur du droit de la famille et de l’ordre symbolique social. L’interdit de l’inceste fonde la structure du droit, de la famille et de la société. L’interdit préserve la cohésion sociale : il empêche la confusion des rôles et des lignées. (Durkheim). L’interdit de l’inceste est la base symbolique du droit occidental. Il garantit la transmission (paternelle, religieuse, juridique). (Pierre Legendre). Dans les sociétés modernes, les nouvelles formes de famille (PMA, adoption, recomposition) redéfinissent les frontières du tabou incestueux. (Irène Théry). L’inceste reste le dernier tabou universel, mais ses contours évoluent. (Irène Théry, La distinction de sexe. Une nouvelle approche de l’égalité, 2007, Odile Jacob). L’interdit de l’inceste est un principe fondamental de l’ordre public familial. (Françoise Dekeuwer-Défossez, Le droit de la famille, PUF, “Que sais-je ?”, 2019) L’interdit de l’inceste est la base symbolique du droit et de la filiation. L’Occident repose sur cette structure paternelle héritée du christianisme. (Pierre Legendre, L’Inestimable Objet de la transmission, 1985, Fayard) - L’inceste est une menace pour la cohésion du groupe ; son interdiction renforce les liens sociaux. (Émile Durkheim, Les Formes élémentaires de la vie religieuse, 1912, PUF) -

Approche psychologique et clinique - Boris Cyrulnik, Muriel Salmona, Alice Miller

  • nature : Violence psychique - fonction : Trauma, dissociation, résilience
  • L’inceste détruit la construction psychique du sujet. Le travail clinique consiste à restaurer le lien à soi et au monde. L’inceste est un traumatisme avec des effets psychiques sur les victimes Résilience et reconstruction (Cyrulnik), mémoires traumatique et mécanismes de dissociation (Salmona), le masque de l’amour parental (Miller).

Approche historique & symbolique - Jean-Claude Schmitt, Marcel Hénaff

  • nature : Mythe fondateur - fonction : Du sacré à l’interdit
  • Symbole ambivalent, interdit sacré, religieux, moral, rationnel L’inceste traverse toutes les époques comme un symbole de pouvoir, de pureté ou de transgression. Préserver la ligné au sang sacré (Incas & Pharaons), devenu faute et tragédie (Bible)
  • Autre Biblio : "de l'autre côté de l'inceste" (Sarah Boucault) - CCRIAVS (Consultation centre ressource intervenants auprès d'auteurs de violences sexuelles) - les“incesteurs” mineurs sur mineurs (“jeux sexuels”)

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